Suizidhinterbliebene Basel / Postfach / 4144 Arlesheim                                                                                                                                                                                                        suizidhinterbliebene@gmx.ch

 

Nous avons rédigé ces textes à l’intention des personnes touchées avec toutes nos connaissances actuelles et avec notre plus grand soin car nous avons vécu cette situation. Les thèmes particuliers ne sont pas traités sous tous leurs aspects. Nous avons formulé ces textes de manière personnelle et tels que nous aimerions les transmettre au public actuellement. Notre démarche est en cours d’évolution et il en va de même pour notre site. Toutes remarques et suggestions de votre part à ce sujet sont bienvenues.

Concept : www.freeworkmedia.ch

FILME
 

DOKUMENTARFILME

 

Annina Furrer
„Dem Himmel zu nah“, 2016

www.cineman.ch > movie > Dem Himmel …

 

Marianne Pletscher
„Dein Schmerz ist auch mein Schmerz“, 2011

www.srf.ch > Play

 

„Was bin ich ohne dich? Wie Angehörige den Suizid überleben“, 2018

www.zdf.de/dokumentation/37-grad/37-was-bin-ich-ohne-dich-100.html, verfügbar bis 12.6.2019

 

 

SPIELFILME

 

Caroline Link
„Im Winter ein Jahr“, 2008

www.media-server.net > Im Winter…

 

Johannes Fabrick
„Der letzte schöne Tag“
Spielfilm, DVD bei Amazon.de

TÉMOIGNAGES DE PERSONNES QUI L’ONT VÉCU

Personnellement, cela m’a fait du bien…

… de ne plus garder le silence.

 

Quand je parle, les autres peuvent compatir.
 

Si je me dévoile, les autres oseront chercher le contact avec moi et s’ouvriront à leur tour.
 

Je ne veux plus être seule, la douleur et la perte évoluent dans le dialogue.

Mon histoire :

Mon père n’est pas rentré à la maison comme d’habitude pour le repas de midi. Tout à coup, ma mère a remarqué que son manteau était suspendu au porte-manteau et que sa serviette en cuir était restée contre la paroi. Nous l’avons trouvé à la cave. Il gisait, recroquevillé, le visage ensanglanté. Il s’était tiré une balle dans la tête. Je ne l’ai regardé que quelques secondes, pourtant cette image s’est gravée dans ma mémoire comme une photographie. Mais justement, une photographie, ce n’est pas réel, ce n’était donc pas mon père ? !

 

Quand je suis allée l’après-midi au village avec un ami, j’ai vu le car postal et la porte de la boulangerie ouverte. Cela m’a choquée, je croyais que le monde entier s’était arrêté de tourner.

 

Quelques jours plus tard, quand nous l’avons vu pour la dernière fois, je n’ai pas cru que c’était lui, tout semblait irréel. Ce n’était pas son corps, c’était une poupée de cire.
 

J’avais tellement honte, tout cela était certainement arrivé à cause de moi, parce que je n’avais pas été une enfant assez sage.

Je le voyais constamment sur la route ou dans le bus. Mon cher papa ! Je transpirais, mon cœur palpitait, je recevais un coup dans le ventre. Je ne comprenais pas pourquoi il n’était plus auprès de moi. Je n’arrivais pas à croire qu’il était mort.

Comme j’ai régulièrement manqué l’école pendant des mois, j’ai reçu un sévère avertissement de l’établissement parce que je séchais les cours et j’ai passé devant le médecin scolaire. Il a examiné mon avant-bras pour voir si j’avais des traces de piqûres. Il ne trouva aucun signe. Rien de plus. Personne ne voulait vraiment connaître les raisons de mes absences.

J’étais seule. Seule avec mon deuil, ma honte et ma colère.
 

J’en parlais autour de moi mais personne ne voulait comprendre dans quel état je me trouvais vraiment, que j’étais proche de la dépression.
 

Quatre décennies se sont presque écoulées et mon père a trouvé une place en moi, dans ma vie. Je peux à nouveau me souvenir de son être et ressentir son amour.
 

J’ai tellement perdu dans cette terrible épreuve, négligé tellement de choses, manqué à tellement d’occasions, tellement pleuré, infiniment.
 

Pourtant à présent, je vois ce que j’ai gagné : mon hypersensibilité et ma vulnérabilité se manifestent sous forme d’empathie et de sollicitude envers autrui et envers moi-même.
 

Tout peut respirer maintenant, peut être tendrement choyé. Quelque chose de neuf est apparu et peut se développer.


Ingrid, octobre 2018

Mes parents sont allés à l’exposition d’une amie. Ils ont tout de suite trouvé le tableau qu’ils voulaient acheter. Il représente un arbre en forme de mains sur lesquelles picorent des oiseaux. En lui demandant la signification de cette représentation, elle a répondu qu’il fallait nourrir les oiseaux pour les personnes qui mettent fin à leurs jours. Cela libère leur âme. Le tableau est toujours là. Il est magnifique, il a quelque chose de reposant, de réconciliant. Il m’a dit cette nuit que son âme avait trouvé la paix.

Mon histoire
J’ai quatorze ans, ma mère s’est suicidée
Je rentre de l’école, ma mère a disparu
Mon père lance un avis de recherche. Le soir à neuf heures, deux policiers arrivent et nous informent que ses vêtements ont été retrouvés.
Tout est irréel, l’enterrement, les condoléances, la famille, toutes les paroles de sympathie qui me semblent dénuées de sens.
Je ne suis plus vraiment présente
Je rêve la nuit qu’elle vient me chercher
Je la vois partout dans la ville
Je suis perdue sans elle
Je ne veux pas vivre sans elle
Je vais à l’école
Je fais le ménage
Je suis étrangère
Je suis marginalisée
Je suis seule
Elle me manque aujourd’hui encore, des décennies plus tard
Elle me manque pour sa tendresse, pour sa chaleur, pour son dynamisme, pour sa joie de vivre, pour sa plénitude en tant que femme…
Elle était un cadeau pour moi. Pendant ce court temps de vie commune, elle m’a appris beaucoup de choses importantes qui m’accompagnent sur mon chemin. Merci 

 

Sa fille B.

Où es-tu maintenant ?
Je te vois dans la vaste forêt, dans les montagnes, dans le ciel…
J’entends ton murmure dans le vent, dans le bruissement des feuilles, dans les gouttes de pluie
Je sens ta présence dans le coucher du soleil, quand je regarde les étoiles…
Je sais que tu es omniprésent !

 

Comment ?
Papa a mis fin à ses jours la nuit dernière
Le monde, le temps se sont arrêtés.
En une fraction de seconde, j’ai réalisé que je ne le verrai plus jamais et que je ne pourrai plus échanger avec lui.
C’était tellement douloureux, c’était trop tard, je l’avais manqué. C’était comme du sable fin qui coule entre mes doigts.
Le 3 septembre 2010, le jour où j’ai appris que mon père s’était donné la mort


J’étais
Plutôt « j’ai été, je suis partie, fini, perdue »
car tout s’est brisé.
Impuissante, j’ai pris conscience de l’éphémère,
« Ce n’est pas vrai », « Je l’ai raté, mon père perdu, je suis perdue, tout est perdu »
« J’étais, c’était, je suis arrivée trop tard », « irréversible », « le monde se brise »

Tout d’abord :
« seule et incomprise »
profonde tristesse, amour, colère, impuissance, douleur et culpabilité, en alternance
 

Maintenant
Le suicide est accepté et les émotions font partie de ma vie.
Je peux pleurer à toute heure et c’est bien ainsi, même si c’est douloureux.
C’est une douleur familière qui contient un amour profond et un sentiment de communion. Parfois c’est distant et comme dissous, pendant des mois rien ne s’annonce de concret,
puis c’est à nouveau présent et les émotions demandent à s’exprimer.
Je les laisse me gagner mais seulement quand je suis seule. En présence d’autres personnes, je suis comme figée ou gênée. Dans de rares cas, ça m’est égal.
Ça accompagne ma vie. Et parfois, je me demande « comment c’était avant ? »


Le travail de l’inconscient :
Les songes ne sont pas des mensonges mais des indicateurs et des soutiens. Le chemin intérieur.

Lorsque mon père s’est donné la mort, j’ai rêvé la nuit de suicide :
« J’assistais à un cours à l’école. Le sujet était le suicide. Il y avait un conférencier qui exposait les différentes manières de se suicider ». Ce n’était pas désagréable dans le rêve car c’était un cours. Je me suis réveillée, j’étais choquée car cela me paraissait assez brutal. Peu après, j’ai pu me rendormir. Le jour suivant, je n’ai plus pensé à ce rêve. Je me suis adonnée à mes activités quotidiennes.
Le soir, j’ai reçu un téléphone de ma mère qui m’informait que mon père s’était suicidé la nuit précédente, la nuit de mon rêve. Il s’était tiré une balle.
Etonnamment, cette façon de se donner la mort n’avait pas été traitée dans mon rêve.
D’une certaine manière, j’ai eu une intuition inconsciente de l’événement car j’ai rêvé au moment même de sa mort.
Était-ce une expression de l’inconscient, une prémonition, une pure information ou une préparation ? Pourquoi cela s’est-il passé ainsi ?


Dans les rêves qui suivirent, mon père réapparaissait toujours.
Au début, je rêvais qu’il vivait encore et que tout était un malentendu ou un accident. Une fois, j’ai même pu lui parler.
Au fil de mes rêves, après des mois et des années, je percevais toujours mieux la réalité. Je le voyais partir, je voyais sa cicatrice ou il me disait qu’il était mort et qu’il n’était plus vraiment présent, qu’il me rendait visite de l’au-delà.
Ainsi mon inconscient m’a accompagnée en douceur vers la réalité.

Je pense que nous devrions accorder plus d’importance aux rêves, que nous devrions leur accorder plus d’attention et les considérer comme des soutiens dans le travail de deuil.
Le rêve est le travail et la contribution au processus de guérison de notre inconscient.


Les derniers mots
Mon père m’a écrit deux courtes phrases au crayon sur le dos d’une assiette en carton. C’était ses dernières paroles que nous pouvions encore comprendre. C’était le dernier lien terrestre qui nous reliait.
Ces deux lignes m’étaient tellement précieuses ! Ses mots, de pouvoir lire ses mots, de posséder encore quelque chose de lui. Ces phrases me furent d’une grande importance. Je pouvais tenir quelque chose de lui dans mes mains.


Qu’est-ce qui aide encore ? Ecrire, être créative. L’expression artistique comme soutien :
J’ai beaucoup écrit. Beaucoup de lettres à mon père. Des dialogues, des pensées, des rêves, des émotions.
Se permettre simplement d’écrire et avoir le courage de prendre la plume. Cela m’a beaucoup aidé sur le moment et avec le recul.
J’ai conservé ces lettres, mais on pourrait tout ainsi bien les brûler.
J’ai reconnu le bienfait de les avoir conservées, quand, des années plus tard, je les ai retrouvées par hasard et relues. Tout d’abord, j’ai été immédiatement catapultée à nouveau dans l’événement. Ainsi, j’ai pu m’en souvenir et le revivre à nouveau, sentir comment c’est maintenant et l’intensité des périodes traversées. J’ai pu reconnaître ce que j’en avais retiré et me rendre compte de la profondeur avec laquelle on peut être en relation avec quelque chose.
Il n’y a pas que l’écriture, il y a la peinture, le modelage, le chant, la musique, la danse ou tout autre activité créative. J’ai fait l’expérience que l’expression artistique soutient le travail de guérison du traumatisme, enrichit le peu de vie encore présente, qui justement devrait continuer à vivre, et aide à trouver un enseignement des expériences douloureuses.
Il me tient à cœur de transmettre ce message à toutes les personnes touchées par un suicide pour les soutenir et les encourager à être créatives.


Laissez s’écouler, dans le creuset de la créativité, votre deuil, votre douleur et toutes les émotions
qui y en découlent
Toute personne peut y accéder
c’est une aide précieuse

Sarah

 

Ma mère était une personne active, membre de plusieurs associations.

Elle était engagée pour le tiers monde et a enseigné bénévolement en Afrique.

Ma mère était quelqu'un de stricte mais juste, un modèle notamment pour ses enfants.

Sa vie comme une mélodie, elle a différentes notes.

 

Malgré les douleurs de dos, quelques crises psychiques, et un problème d'argent, ma mère n'a pas parlé de suicide ou de dépression à ses enfants.

A 17 ans, je ne pensais pas au pire. Je revins de l'internat, maman manquait. Sur mon bureau reposait une courte lettre. Mon père une fois arrivé, dit qu'il a du arriver quelque chose. Moi et mon chien avons cherché courtement et retrouvé morte.

Je n'ai pas crié.

Toutes les personnes ont des sentiments et des réactions différentes.

La manière dont aujourd´hui je fais son deuil, est aussi un chemin personnel.

 

Anonyme

 

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